Pierre Rahbi (Actes Sud/Babel)

Né le 29 mai 1938 à Kenadsa, en Algérie, Pierre Rabhi, de son nom d’origine Rabah Rabhi, est un essayiste, romancier, agriculteur, conférencier et écologiste français, fondateur du mouvement Colibris et figure représentative du mouvement politique et scientifique de l’agroécologie en France.
Ouvrage d’actualité, « Vers la sobriété heureuse » nous place face à une évidence : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé « mondialisation ». C’est de cette seule façon que nous pourrons remettre l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations, et redonner au monde légèreté et saveur.
« Ainsi, le principe de sobriété que je prône n’est pas un principe de circonstance ; il vient d’une conviction intrinsèquement liée à un choix de vie. La terre et les animaux compagnons qui nous ont permis de vivre en ces lieux magnifiques n’ont jamais été considérés seulement comme les moyens de gagner l’argent dont nous avions besoin… (p. 101-2)
L’autolimitation volontaire engendre ipso facto de l’équité. Si l’on veut instaurer sur notre planète commune une équité inspirée des impératifs moraux, on est amené à dire que, tant que l’ensemble des êtres humains n’ pas accès aux ressources vitales, il y a spoliation. Tant qu’un seul enfant naît dépourvu de ce qui lui revient légitimement en tant qu’être vivant, il y a usurpation car les biens venus de la terre, qui son encore abondants, sont dédiés à tous les êtres vivants qu’elle héberge et non à ceux qui, par le pouvoir politique, la loi du marché, les finances ou les armes, s’en attribuent la légitimité. Un tel hold-up est aujourd’hui entériné par des lois qui en font une norme que l’on ne peut remettre en question. Tant que cette malhonnêteté ne sera pas considérée comme illicite selon l’ordre et l’intelligence de la vie, l’humanité ne pourra être pérenne.
Ainsi, misère, pauvreté et richesse cohabitent sur notre planète commune et créent des hiérarchies de l’avoir et du pouvoir débouchant sur toutes les répressions-le tout imputable à l’idéologie du toujours-plus illimité. Le fameux pouvoir d’achat aurait-il une signification hors de la logique en vigueur, qui ravale le citoyen au rang de vulgaire consommateur ? … (p.107)

Vers la sobriété heureuse
La convergence des consciences
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