Sylvain Tesson (Équateurs)
Pour écrire « Un été avec Homère », Sylvain Tesson s’est retiré sur île des Cyclades, au bord de la mer Égée, dans la lumière, l’écume et le vent.
« Au long de l’Iliade et de l’Odyssée chatoient la lumière, l’adhésion au monde, la tendresse pour les bêtes, les forêts – en un mot, la douceur de la vie. N’entendez-vous pas la musique des ressacs en ouvrant ces deux livres ? … [Les ouvrir] revient à lire un quotidien. Ce journal du monde, écrit une fois pour toutes, fournit l’aveu que rien ne change sous le soleil de Zeus : l’homme reste fidèle à lui-même, animal grandiose et désespérant, ruisselant de lumière et farci de médiocrité. Homère permet d’économiser l’abonnement à la presse ».

Sylvain Tesson est un écrivain et voyageur français né le 26 avril 1972 à Paris. Il voyage la plupart du temps par ses propres moyens, c’est-à-dire sans le soutien de la technique moderne, en totale autonomie. Ses expéditions sont financées par la réalisation de documentaires, par des cycles de conférences et par la vente de ses récits d’expédition.
Alpiniste, stégophile -il a lui-même conçu le néologisme « toiturophile » pour nommer l’activité consistant à monter sur les toits, dans son cas essentiellement ceux des cathédrales-, le 20 août 2014, il chute de près de 10 mètres en escaladant la façade d’une maison. Victime d’un sévère traumatisme crânien et de multiples fractures, il est placé en coma artificiel durant huit jours, puis suivra une longue rééducation. Voici comment il décrit cette épreuve : « Ces trois mois de repos, de sobriété, de silence, d’examen de moi-même ont été bénéfiques. Ma vie était un carnaval endiablé et légèrement suicidaire, il était bon de ralentir un peu les chaudières intérieures, de descendre du train. Je conserve une paralysie de la face qui me donne un air de lieutenant prussien de 1870. J’ai aussi perdu l’ouïe à l’oreille droite mais, étant partisan du silence, que René Char appelait « l’étui de la vérité », je ne m’en plains pas. Notre société est devenue hystérique et bruyante. »

Un été avec Homère