Éric Toledano et Olivier Nakache (Gaumont-Quad productions-Ten films)

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Extrait d’un interview de Vincent Cassel, interprète du rôle de Bruno, le créateur et responsable du centre d’accueil des enfants et adolescents autistes qualifiés de « cas hyper-complexes »
HORS NORMES n’est pas un film sur les autistes, mais sur l’engagement et sur les gens qui s’occupent des autres.
Vous souvenez-vous de votre première visite au « Silence des Justes » ? [L’association qui accueille les enfants et adolescents autistes]
J’étais assez décontenancé. Mais aussi complètement bouleversé, je me suis même surpris en train de pleurnicher. Je me demandais : « De quelle manière vais-je travailler avec ces gosses, ces ados et ces adultes ? Ces cas d’autisme parfois très lourds, comment m’en détacher ? ». En observant Stéphane et les référents, j’ai compris qu’ils dédiaient leur vie à améliorer l’existence de leurs « pensionnaires », au prix de la leur. Sans sentimentalisme. Ils sont dans le « faire ».
Les autistes souffrent d’une incapacité à communiquer. Mais lorsqu’on les stimule, on peut enrichir leur patrimoine sensoriel. Autrement dit, un mec qui a passé 20 ans dans cette association d’utilité publique n’a pas la même gueule qu’un mec qui vient d’y entrer…
Le film pose une question de fond : faut-il bousculer la norme ?
Peut-on s’autoriser à penser différemment ? Tous les types qui dans la société, ont aujourd’hui quelque chose à proposer, pensent différemment. Stéphane Benhamou se donne à fond pour trouver des solutions dans un système à l’ouest. Il passe outre le législateur.

Extrait d’un interview de Reda Kateb, interprète du rôle Malik, le créateur et responsable de l’association accueillant des jeunes issus des quartiers difficiles
Faut-il dans la vie s’employer à briser les normes ?
Complètement. À l’origine de ce projet, il y a un paradoxe. Une contradiction : celle du Ministère de la Santé qui, d’un côté, ne veut pas donner l’agrément à ces associations mais qui de l’autre reconnaît implicitement que personne d’autre ne pourrait abattre le travail qu’elles font et qu’elles sont indispensables. Or, au milieu de cela, il y a des vies : celles des autistes, mais aussi celles des familles. Pour ces dernières, la déflagration est terrible et ce sont les plus précaires – celles qui ne peuvent pas se permettre de faire garder leurs enfants pour souffler un peu – qui comme toujours en souffrent le plus.

Extrait d’une interview des réalisateurs, Stéphane Benhamou et Daoud Tatou
Le film est aussi très axé sur les encadrants…
Daoud Tatou : Là encore, c’est la réalité. Nous avons pu mettre en place une structure de référents composée d’adolescents du quartier. Au départ, ces derniers n’ont pas envie de nettoyer des excréments ou de se faire casser le nez. Nous avons eu à cœur de créer une formule et d’imaginer quelque chose qui peut perdurer. Si on inscrivait cette sensibilisation au handicap dans la politique de la ville, cela pourrait aussi faciliter l’insertion des jeunes, notamment en matière d’aide à la personne, comme dans les EHPAD par exemple. C’est-à-dire dans ces boulots que personne ne veut exercer parce qu’ils sont trop ingrats. Le vivier des quartiers n’attend que ça. Nous, nous avons quand même fait entrer ces jeunes à l’AP-HP, les hôpitaux psychiatriques d’Île-de-France. Nous ne sommes pas venus avec des lois. Ça s’est fait de façon empirique avec de l’humour et de l’humain. Il faut garder cette vitalité et cette empathie…

Bande-annonce du film
Interview de Vincent Cassel et de Reda Kateb
Interview de Vincent Cassel entre Stéphane Benhamou, responsable du centre d’accueil pour enfants autistes « Le Silence des justes » et Daoud Tatou, responsable de l’association « Le relais Île de France » accueillant des jeunes issus des quartiers difficiles
Dossier de presse (Cinéart)